Artistes / PAUL COLLOMB

Artiste-collomb-top » Ne pas perdre de vue le premier sentiment. En garder le souvenir dans son intensité. », telle semble être l’exigence essentielle qui traverse toute l’œuvre de Paul Collomb. Ici réside le mystère de la peinture : ni dans le sujet, qui ne l’intéresse que dans la mesure où celui-ci lui suggère quelque chose d’assez puissant pour lui donner envie de prendre les pinceaux,  ni dans la technicité, qui se résoudrait alors à de la pure virtuosité sans épaisseur. Non, tout le mystère et la beauté se trouve nichés quelque part dans cette intensité avec laquelle le peintre traduit et réinvente l’arbre en fleur ou le visage d’une femme, dans cet entre-deux, cette rencontre indicible entre l’imagination, la matière, la force du ressenti et du souvenir.

De ces canaux de Venise, de ces déjeuners au jardin ou de ce Marais poitevin qui l’émerveilla tant, il est encore capable aujourd’hui de retrouver l’émotion de la vision première, jetant à peine un œil aux croquis et dessins amassés depuis tant d’années.

Dans cet « hymne à une nature séculaire »*, cette obsession de la lumière et ce souci de l’humain, on aura sans doute raison de voir en l’œuvre de Paul Collomb une émergence rare et authentique de l’impressionnisme, mais il y a plus encore à découvrir : l’œuvre d’un homme qui, depuis soixante six ans, toujours à la découverte et dans l’étonnement de ce que peuvent produire les couleurs, les images, les matières, continue à poursuivre, dans une quête absolue et pourtant infinie, un idéal de peinture.

Paul Collomb naît le 8 octobre 1921 dans l’Ain à Oyonnax. En 1938, il vient à Paris pour étudier le dessin en suivant des cours à l’Ecole des Arts Appliqués. Après la Libération, il entre aux Beaux-Arts de Paris, Atelier Souverbie, travaille et vit avec sa femme à « La Ruche », à Montparnasse, où il a trouvé un atelier. En 1950, il obtient le Premier Second Grand Prix de Rome et l’année suivante le prix Fénéon. Il passe ensuite un an à la Casa Vélasquez à Madrid et en 1953, il est pensionnaire de la Maison Descartes à Amsterdam. Le Musée d’Utrecht organise alors une exposition de 50 de ses oeuvres sur la Hollande et l’Espagne. Dès lors se succèdent sans discontinuer jusqu’à aujourd’hui des expositions, personnelles ou collectives, partout en France  et dans le monde, et notamment aux Etats-Unis, au Japon, en Corée, aux Pays-Bas, au Canada, en Angleterre, à Hong Kong, en Italie…

Paul Collomb s’est éteint le 6 octobre 2010 à Paris à l’âge de 88 ans. Il a légué la plus grande partie de son oeuvre au Musée d’Oyonnax.

* Bertrand Duplessis, 1986

 Ses Oeuvres